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Inde, protestation anti-industrielle au Bengale Occidental en 2007 (07-01_11-Inde)
Notes chronologiques orientées
Début décembre 2006, des manifestations ont lieu à
Singur au nord-ouest de l’agglomération de Calcutta,
où doit être installée une usine automobile (Tata
Motors), manifestations organisées sous l’égide de
partis locaux d’opposition (le principal étant le
Trinamool Congress Party, Trinamool signifiant « grassroots
», dirigé par Mamata Banerjee). Au cours de ce mois, il y
aurait eu un mort et plusieurs blessés à la suite du
caillassage de véhicules étatiques par des «
activistas ».
Début janvier dans la région de Nandigram, au sud de
Calcutta, des habitants (organisés dans un comité de
défense, le Krishjami Raksha Committee) découvrent que
leurs terres sont concernées par l’expropriation, ici
prévue pour implantation d’une industrie chimique (firme
indonésienne). Le mercredi 3, ou à partir de ce jour, des
affrontements opposent flics et villageois, qui s’en prennent
à des bureaux gouvernementaux. S’ajoutent à cela,
jusqu’au dimanche au moins, d’autres affrontements,
à moins qu’il s’agisse surtout
d’opérations punitives menées par des sbires du
gouvernement local, dont l’une, le dimanche sur le village de
Nandigram, fait plusieurs blessés, et cinq morts semble-t-il
(voire un total de 7 à 11 tués sur ces quelques jours).
Il est aussi question, dans cette période, d’affrontements
entre militants de partis politiques rivaux. Le lundi 8 janvier, une
grève de 24 heures est lancée à Calcutta,
où des milliers de flics sont déployés.
Après que la construction de l’usine Tata a
débuté le 21 janvier, les protestations se poursuivent
dans la zone de Singur où début février,
manifestations et réunions publiques sont
déclarées interdites par les autorités,
après que le 4 février, les habitants se sont violemment
affrontés aux flics.
En mars, un renforcement du déploiement policier (5 000 flics)
est décidé dans la zone de Nandigram,
déclarée « hors-la-loi », où des
routes et voies ferrées ont été bloquées,
certains ponts incendiés, des gestionnaires locaux et des flics
agressés. Il est alors question de 6 à 7 morts au cours
des deux mois précédents, dont 1 flic.
Le mercredi 14 mars, les flics affrontent les protestataires
postés à leurs barricades, mobilisés par milliers,
hommes et femmes, notamment au niveau du village de Bankaberia. Il y a
de 7 à 14 morts (voire 23), sous les tirs des flics, avec 4
protestataires qui seraient tués dans l’explosion
d’une bombe artisanale qu’ils préparaient. Il y a
par ailleurs une quarantaine de blessés, voire
jusqu’à 150 dont 42 flics ; et plus de 800 arrestations,
opérées par les flics et les militants gouvernementaux,
tandis que des douzaines de villageois seraient portés disparus.
Journalistes et militants de l’opposition sont
empêchés d’accéder à la
zone.
Le Trinamool Congress appelle à une grève de 12 heures
pour le vendredi suivant. Ce 16 mars donnerait lieu à de
nouveaux affrontements ; et il y aurait au total dans cette
période jusqu’à 1 600 arrestations.
Le 17 mars, le gouvernement annonce la suspension du projet d’industrialisation à Nandigram.
Le lundi 19 mars, une manifestation de milliers a lieu à
Calcutta suite à la répression du 14. Les confrontations
avec les flics font des dizaines de blessés de part et
d’autre.
Le vendredi 9 novembre dans la zone de Nandigram, des militants
gouvernementaux tirent contre une « procession » à
laquelle participent des militants de l’opposition (membres du
Bhumi Uchched Pratirodh Committee, associé au Trinamool
Congress). Deux de ces derniers sont tués, avec de nombreux
blessés. Ce serait là une opération parmi
d’autres, lancées dans le but de réinstaurer
l’ordre contesté depuis plusieurs mois. Il est alors
question d’une « Red Brigade » cultivant la terreur
dans la région, dont des milliers de membres bloqueraient les
accès à la zone de Nandigram.
Le mercredi 21 novembre (07-11-21-Inde), une marche de milliers de personnes
(peut-être 15 000) a lieu à Calcutta, dite contre la
gouvernance répressive de l’Etat (selon certaines sources
à l’appel du « All India Minority Forum »). Il
est par ailleurs question de protestations contre l’autorisation
faite à la bangladeshie Taslima Nasreen de demeurer en Inde.
« The protesters carried placards demanding Nasreen’s
expulsion, but the rage over Nandigram boiled over ». Les flics
sont caillassés, ainsi que des véhicules, dont certains
incendiés par des manifestants qui « [damage] property
». Il y a des blessés dans les deux camps (36). Des
soldats sont déployés dans les rues, la première
fois à Calcutta depuis la destruction de la Babri Masjid
d’Ayodhya en 1992. Un couvre-feu nocturne est
décrété, 69 personnes arrêtées.
Malgré cela, il semblerait que la tension se prolonge au
lendemain, avec un camion brûlé, des slogans criés
et des pierres jetées contre flics et militaires (Times of India
indiquant que « the fear of the Army has gone »), notamment
postés aux abords des bureaux du parti CPI-M et de la
résidence de Nasreen. Quoiqu’il soit ainsi question de
« reports of violence on Thursday », l’ordre se
réimpose ce jeudi, avec des appels au calme adressés aux
« perpetrators » de la veille. De leur côté
les dirigeants gouvernementaux demandent son départ à
Nasreen, qui s’envole en effet pour le Rajasthan, dans ce qui
fait donc l’effet d’une belle opération de
diversion, plusieurs informateurs ne se privant pas de la soutenir
à leur manière, claironnant qu’il ne s’est
évidemment agi que « d’émeutes islamistes
».
Mars 2009
Descriptif de la protestation anti-industrielle au Bengale Occidental en 2007